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Elle fumait la pipe, adorait ses juments, prenait grand soin de sa toilette et choisissait scrupuleusement les cadeaux pour ses domestiques et son entourage. Grâce à son livre de comptes, nous savons tout, ou presque, de Joyce Jeffreys, riche célibataire anglaise du XVIIe siècle. Grâce à lui, nous disposons aussi d’une mine d’informations sur la condition de vieille fille, le crédit à l’aube du capitalisme, et les convulsions de la Révolution anglaise.

Publié dans le magazine Books, octobre 2013. Par Eleanor Hubbard

  • Le livre



Les registres de Joyce Jeffreys, vieille fille de Hereford, 1638-1648 par Vintage Style Détails Skinhead Punk Homme Laine Sur Veste En Donkey Manteau DEH29IeWYJudith Spicksley, Oxford University Press,

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  • Issu du numéro 47

Edito

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En juin 1646, Joyce Jeffreys perdit ses lunettes. Lorsqu’une domestique les retrouva, la dame d’un certain âge lui donna un pourboire de six pence, puis elle nota comme d’habitude cette dépense dans son livre de comptes. Entre 1638 et 1648, Jeffreys consigna toutes ses recettes et toutes ses dépenses, de son écriture appliquée et régulière. Bien qu’on en sache peu sur sa jeunesse – quand elle est née, par exemple, ou pourquoi elle ne s’est jamais mariée –, on connaît beaucoup de choses sur la conduite de ses affaires, les amitiés et les passe-temps qui occupèrent la fin de sa vie. Jeffreys n’a jamais appris la comptabilité à double entrée pratiquée par les négociants, mais les chiffres notés sur le livre recèlent un trésor, le portrait d’une vieille fille, à une époque où les femmes célibataires étaient supposées socialement invisibles. Mais l’étaient-elles vraiment ? Pour l’histoire, peut-être, mais pas pour leurs voisins. Jeffreys consigna souvent les pourboires versés par elle aux domestiques qui lui apportaient des cadeaux offerts par les nobles du cru – des venaisons, un dindon, des cerises, un saumon. Ces présents n’étaient pas des aumônes, mais des marques de respect, dont elle s’acquittait en retour en offrant les produits de sa ferme : sa « chère Lady Cornwall » reçut huit œufs de canard de Barbarie, et Ursula Vaughan « un panier d’abricots ». Ces échanges de bons procédés jouaient un rôle au moins aussi important dans la vie des domestiques, qui se chargeaient d’acheminer ces présents, que dans celle des destinataires : les pourboires constituaient un à-côté fort apprécié et toutes ces piécettes finissaient par faire une somme. On s’échangeait des cadeaux à longueur d’année, mais plus particulièrement au Nouvel An : pains de sucre et gants parfumés pour les amis et la famille ; étrennes pour les domestiques, les violoneux et les enfants. Même à la Saint-Valentin, Jeffreys jouait le jeu. Elle n’était plus toute jeune – elle a au moins 55 ans quand elle commence à tenir son registre – mais n’en recevait pas moins les visites d’un ou deux admirateurs. En 1641, elle offrit un shilling à Mr. Tom Aston et Mr. Dick Gravell, qui, écrit-elle, « sont venus me servir de cavaliers pour la Saint-Valentin ». N’étant pas mariée, elle ne pouvait se rendre auprès des voisines qui accouchaient, mais elle envoyait de l’argent aux sages-femmes et aux infirmières. Quand sa nièce eut des jumeaux, Jeffreys fit office de marraine pour la « petite Joyce Walsh », et offrit au bébé une coûteuse timbale en argent. Elle donna aussi une somme à la nounou qui s’occupait de l’autre bébé, un garçon, notant tristement, en marge de son livre de comptes, sa mort à « neuf semaines » à peine. Jeffreys était particulièrement attachée à Beatrice Ailway, la fille de son ancienne domestique Anne, et lui acheta une étoffe cramoisie pour son « tout premier » manteau. Elle aimait voir les enfants vêtus de couleurs vives, et offrit plus tard à Beatrice des robes écarlates, orange et vertes. En plus des cadeaux qu’elle faisait aussi bien à ses pairs qu’à ses obligés, Jeffreys donnait également à des œuvres de charité, bienfaits réguliers à défaut d’être particulièrement généreux : elle versait huit shillings par an aux nécessiteux de sa paroisse de Tous-les-Saints, à Hereford, conformément à ce qu’exigeait la loi (1). Les sommes ainsi acquittées étaient censées subvenir aux besoins des pauvres méritants, et leur éviter la mendicité, mais elles étaient rarement suffisantes, et des formes plus anciennes de charité informelle, indispensables, subsistaient. Il était courant de distribuer nourriture et boisson sur le seuil de sa porte, et Jeffreys donnait souvent une pièce ou deux aux mendiants. Elle accorda une piécette de quatre pence à « un pauvre homme qui garde les chiens devant l’église », et deux pence à « une pauvre femme de Harpley qui est paralysée ». Parmi les personnes qu’elle aidait, on trouve des malades qui se rendaient à l’hôpital ou partaient prendre les eaux curatives à Bath ; un homme aveugle, un autre fou ; certains avaient été blessés dans un incendie, ou naufragés ; et d’autres étaient tout simplement pauvres. Les livres de comptes de Jeffreys ne nous permettent pas seulement de connaître son statut social, ils nous éclairent également sur ses goûts, notamment pour les animaux. À plusieurs occasions, elle acheta de nouvelles cages « en osier » pour ses oiseaux chanteurs, manifestement pour les protéger de ses chats. L’un d’eux, un chat de Chypre jaune, lui fut offert par Lady Dansey de Brinshop ; un membre de sa famille lui en envoya un autre, qui arriva le jour où Jeffreys offrit un pourboire à un certain Tom Simons pour le remercier de lui avoir apporté « un petit chien ». Ces animaux vivaient, pour la plupart, dans la basse-cour, en compagnie de ses canards de Barbarie. Elle adorait les chevaux, et entretenait deux juments pour son attelage, se chargeant elle-même de les faire se reproduire : en septembre 1642, elle nota qu’elle avait payé cinq shillings « pour deux saillies, une pour ma grande jument d’attelage, et une pour ma jument grise, par les chevaux de Mr. Shewards & Mr. Brabazon ».   Robes noires et bas vert gazon Jeffreys n’était pas une grande lectrice, et sa dépense la plus élevée fut l’achat des œuvres de l’évêque d’Exeter pour trente shillings, même si sa préférence allait plutôt aux œuvres profanes, en particulier les histoires grecques et romaines traduites. Elle se laissa tenter par une biographie de Marie, reine d’Écosse, en 1639. Elle achetait régulièrement des almanachs pour la ferme, et acquit un jour « un petit livre d’astrologie appelé Arcandam ». Elle cédait même, de temps à autre, aux attraits de brochures sensationnalistes, notamment un ouvrage consacré à l’extraordinaire Henry Welby, âgé de 84 ans, qui vécut quarante-quatre ans en ermite dans Grub Street sans voir âme qui vive, se nourrissant de gruau, de salade et de bière bon marché. Il se peut que sa longévité hors du commun l’ait intriguée. En 1646, peut-être gagnée à son tour par l’angoisse, Jeffreys dépensa 14 pence pour l’ouvrage de Leonard Lessius Hygiasticon ou méthode de conserver la vie et la santé jusque dans la vieillesse la plus avancée. Elle consacrait nettement plus d’argent à sa toilette : au début de l’époque moderne, on dépensait des sommes énormes pour se vêtir, et Jeffreys ne faisait pas exception. Le plus souvent, elle s’habillait sobrement de noir, bien qu’elle aimât faire teindre ses bas en vert gazon. Mais aussi peu tape-à-l’œil fussent-elles, ses robes n’étaient pas pour autant bon marché. Vingt mètres de « calmande noire » coûtaient près de douze livres (à peu près 1 200 livres…
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